ARCHIDIOCÈSE DE BAMAKO
• Bamako, un village Bozo au bord du Niger
Étrange destin que celui de ce village de pêcheurs au bord du fleuve Niger. Choisi par la colonisation française pour les collines qui l'entourent, il est tour à tour le siège de l'administration du Soudan français et, après la brève fédération du Mali avec le Sénégal, celui de la République du Mali. Avec Monseigneur Pierre Leclerc, en 1955, il devient le siège de l'archevêché. Monseigneur Luc Sangaré (1925-1998) sera le premier archevêque malien à l'occuper. Il est ordonné évêque le 26 mai 1962 à Bamako par Monseigneur Jean-Marie Maury, délégué apostolique. Il est intronisé le lendemain, 27 mai 1962.
• Physionomie du diocèse
· Le diocèse d'une superficie de 82 500 km - dont la population avoisine aujourd'hui les 2 500 000 habitants, comprend le district de Bamako et les Cercles de Kati, Kangaba, Koulikoro, Banamba, Kolokani, Bougouni, Kolondjeba et Yanfolila. Bamako-ville est divisée en quatre paroisses :
· La paroisse cathédrale du Sacré Cœur (1923) qui comprend les communautés suivantes : Badialan, Djikoroni, Lafiabugu et Sebeninkoro.
· Notre Dame des Champs (Missira, Bagadaji, Sans fil et Niarela)
· Saint Kizito Korofina / Dumanzana
· Sainte Monique - Bamako Rive droite / secteur de Badalabougou.
Six autres paroisses composent le diocèse :
- Falajé (Notre Dame de Fourvière) fondée en 1889. - Kati (Notre Dame Auxiliatrice) fondée en 1897.
- Gwalala (Ste Thérèse de l'Enfant Jésus) fondée en 1934. - V+Iéléssebougou (saint François Xavier) fondée en 1936. - Bougouni (Notre Dame de Fatima) fondée en 1953. - Kolokani (Notre Dame de l'Épiphanie) fondée en 1965. L'école des catéchistes de Ntoninba sur la paroisse de Kati a ouvert ses portes en 1963.
• Des pasteurs exceptionnels
Pas moins de neuf pasteurs précédent Monseigneur Jean Zerbo au siège de Bamako. À commencer par le Cardinal Lavigerie, nommé administrateur du Sahara et du Soudan de 1868 à 1892. Il ne connaîtra jamais le territoire de son immense diocèse. Il est suivi de Monseigneur Toulotte (1892-1897), de Monseigneur Hacquart (1898-1901), de Monseigneur Bazin (1901-1910), de Monseigneur Le Maître (1911-1920), de Monseigneur Sauvant (1921-1928), de Monseigneur Molin (1928-1949), de Monseigneur Leclerc (1949-1962) et de Luc-Auguste Sangaré (1962-1998). Le 25 octobre 1998, Monseigneur Jean Zerbo est intronisé troisième archevêque métropolitain de Bamako.
• Monseigneur Jean Zerbo, archevêque de Bamako
Né le 27 décembre 1943 à Ségou, Monseigneur Jean Zerbo est ordonné prêtre le 10 juillet 1971. Après un séjour en paroisse, il entreprend des études bibliques à Rome. À son retour, de 1981 à 1984, il est curé de la paroisse de Markala; de 1984 à 1988, il est professeur d'Écriture Sainte à Koumi, Au Burkina Faso. Le 21 juin 1988, il est nommé évêque auxiliaire de Bamako. Le 20 novembre 1988, à l'occasion des fêtes du Centenaire, il est ordonné évêque par le Cardinal Joseph Tomko. Le 27 mai 1995, il est intronisé évêque de Mopti où il succède à Monseigneur Martin Happe qui a administré le diocèse entre 1988 et 1995. Enfin, le 28 octobre 1998, il succède à Monseigneur Luc Sangaré, décédé le 11 février 1998, sur le siège archiépiscopal de Bamako. Il est intronisé par le Cardinal Bernardin Gantin et Monseigneur Jean-Paul Gobel, nonce apostolique. De février à octobre 1998, le diocèse était administré par Monsieur l'Abbé Sylvain Camara.
• Une Église qui s'est toujours exprimée
En- 1988, à l'occasion du centenaire, les éditions Jamana font paraître un ouvrage assez inattendu « Paroles de Nouvel An ». II s'agit des voeux que Monseigneur Luc Sangaré adressait au Président de la République au seuil de chaque année entre 1962 et 1988. En dehors du caractère protocolaire de cet exercice, Monseigneur Sangaré en profitait toujours pour oser une parole sur l'état de la Nation. Tour à tour, il invitera à la tolérance, dénoncera l'inertie de l'administration dans certains secteurs et il souhaitera une société toujours plus juste et fraternelle: On sait que sa parole, dans ces circonstances, était toujours attendue et attentivement écoutée.
• Les Filles du Cœur Immaculé de Marie
Malgré la modestie des moyens et le peu de personnel, Monseigneur Molin, le 14 janvier 1934, fonde à Kita, dans la première région, la congrégation des « Filles Soudanaises de Marie ». Trois novices prononcent leurs premiers vœux en 1945. En 1970, la congrégation prend le nom de « Filles du Cœur Immaculé de Marie ». La congrégation, qui traverse toutes sortes d'épreuves, compte aujourd'hui 49 professes perpétuelles et 31 de vœux temporaires. Les sœurs œuvrent principalement dans les paroisses, l'enseignement et la santé.
• Une Église locale où souffle un vent d'universalité
Le diocèse de Bamako a cette particularité d'être multiculturel et multiracial. Le clergé malien, peu nombreux, est aidé d'agents pastoraux venant du monde entier : prêtres, soeurs, frères enseignants ... en tout, plus d'une centaine.
• Des laïcs qui mettent la main à la pâte
Très tôt, des laïcs prendront leur part de responsabilité autant pour l'annonce directe de la Bonne Nouvelle (les catéchistes) que pour le témoignage dans leurs milieux professionnels respectifs (principalement dans l'enseignement). Dans la foulée du Concile Vatican II, une commission nationale des laïcs va voir le jour. Beaucoup de laïcs (hommes, femmes, jeunes et moins jeunes) vont militer au sein de mouvements spécialement conçus pour eux (Légion de Marie, CEC, Scoutisme, JOC, Amis de Kizito, etc.). Lors de la conférence nationale de 1992 (suite aux événements du 26 mars 1991) des laïcs chrétiens se rendront présents et actifs.
• Des signes d'espérance
Le diocèse est implanté dans une région à dominante musulmane. Comme l'islam au Mali n'est pas, à quelques exceptions près, fanatique, la cohabitation est plutôt pacifique et fraternelle. Les chrétiens vivent auprès de leurs frères et soeurs musulmans ou de religions traditionnelles, partageant les mêmes joies et les mêmes peines. Souvent, ils ne sont pas plus riches les uns que les autres. Les chrétiens sont tout à fait à l'image de la célèbre Lettre à Diognète (écrit anonyme du IIe siècle). C’est dans ce contexte que les chrétiens du diocèse témoignent humblement de l’espérance et de la foi qui les habitent.
• Une cathédrale pour le troisième millénaire
Le jour de son intronisation à Bamako, le 25 octobre 1998, Monseigneur Jean Zerbo a souhaité qu'une nouvelle cathédrale plus vaste et plus fonctionnelle voie le jour pour le troisième millénaire. Les études sont actuellement en cours. La prise de possession du terrain (sur la zone de l'A.C.I. 2000) a été faite le 11 février 1999, premier anniversaire du décès de Monseigneur Luc Sangaré qui avait vivement souhaité un tel édifice. Depuis, chaque année, l'Église Famille de Dieu de l'archidiocèse de Bamako se rassemble sur le site pour faire mémoire de l'illustre disparu. Elle en profite pour rappeler à chaque chrétien qu'il est de son devoir de participer à la construction de la nouvelle cathédrale.
DIOCÈSE DE KAYES
• Monseigneur Joseph Dao
Né e 8 juin 1936 à Bobo-Dioulasso, au Burkina, il passe son enfance dans le diocèse de Ségou où sa famille s’est installée. Après son petit séminaire à Falajé, puis à Nasso, il entre au Grand Séminaire de Koumi. Il est ordonné prêtre en juin 1965 à Ségou. Le 12 septembre 1978, il est le deuxième évêque de Kayes, succédant à Monseigneur Étienne Courtois (1963-1978). Il est ordonné évêque de Kayes par Monseigneur Luc Sangaré le 27 janvier 1979.
• Aux origines de l’Église du Mali
Le 20 novembre 1888 est une date qui reste dans la mémoire de tous les chrétiens du Mali. C'est la date anniversaire de la fondation de la paroisse de Kita, la première paroisse du pays. Depuis plusieurs années, les chefs de mission résidant au Sénégal envisagent une fondation au Soudan. Après plusieurs demandes, en 1888, le supérieur général des Pères du Saint Esprit reçoit l'autorisation du secrétariat d'État aux colonies de créer une mission catholique au Soudan. Le 15 octobre 1888, six missionnaires sont désignés pour le voyage qu'ils entreprennent à partir du 20. I1 s'agit des Pères Guillet, Montel, Marcot et des Frères Zénon et Isaac. Le sixième, le Père Diouf, les rejoint plus tard. À l'aube du 20 novembre, le massif de Kita apparaît. Ils entrent dans le village où un logement provisoire les attend.
• La mission commence
Dès le lendemain de leur arrivée, les Pères se mettent en quête d'un terrain pour la mission. Ils s'y établissent sommairement jusqu'en mai 1889 où ils commencent une construction plus solide. Sans tarder, ils entreprennent des tournées de reconnaissance et commencent à apprendre la langue. Pendant douze ans, ces missionnaires zélés posent laborieusement les premières pierres d'un édifice toujours en place aujourd'hui et qui a pour nom : l'Église catholique au Mali. Ils fondent Kayes en 1892 et Dinguira en 1893. En 1895, ils assistent au passage des Missionnaires d'Afrique en route pour Ségou et Tombouctou. Vers 1900, Rome décide de faire un échange de territoires entre les Pères du Saint Esprit et les Missionnaires d'Afrique. La partie Haut-Sénégal-Niger (futur territoire du Mali indépendant) est confiée aux Missionnaires d'Afrique, tandis que le Sénégal et la région de Kissidougou sont remis aux Pères du Saint Esprit. Dans les trois paroisses qu'ils ont contribué à fonder, les Pères du Saint Esprit connaissent bien des épreuves. Les tombes à Kita, Kayes et Dinguira témoignent que beaucoup d'entre eux sont morts avant l'âge de 35 ans.
• Un diocèse très enclavé
Dépendant de la préfecture de Sénégambie, puis du vicariat apostolique de Bamako, le diocèse est érigé peu après celui de Ségou, en 1963. Monseigneur Étienne Courtois en devient le premier évêque. D'une superficie de 120 760 km, ce diocèse compte environ 1 311 000 habitants. Seulement 7 000 d'entre eux sont baptisés. Les moyens d'accès sont encore très difficiles. Une route désenclave Kita depuis peu et une autre est prévue pour Kayes dans un proche avenir. Actuellement encore, le chemin de fer est le moyen de transport le plus approprié pour rejoindre Kayes ou Kita. Pour les autres, une voiture tout terrain est préférable. Reste encore l'avion, surtout pour Kayes et Nioro-du-Sahel.
• Les paroisses du diocèse
Le diocèse compte un nombre étourdissant de Préfectures : Kayes, Kita, Bafoulabé, Kénieba, Nioro-du-Sahel, Yelimane, Diéma et Nara (dans la région de Koulikoro). Sur ce territoire immense, on compte 8 paroisses. Certaines, par manque de personnel, sont desservies par d'autres en attendant des équipes résidentielles. La plus ancienne, Kita, est fondée en 1888 et Kayes voit le jour en 1892. Kakoulou s'ouvre en 1913 en remplacement de Dinguira fondée en 1893. Sagabari est fondée en 1953; Guene-Gore en 1950; Kassama en 1959, Nioro-du-Sahel en 1960 et pour finir Mahina en 1958.
• Notre Dame du Mali
C'est le frère Isaac, de l'équipe des fondateurs, très habile de ses doigts, qui modèle, avec la terre du marigot de Bangasi, une statue de la Vierge Marie. II l'a cuite comme on le fait pour les canaris. Pendant 60 ans, la statue trône au centre de la cour de la paroisse de Kita, entourée d'un parterre de fleurs. En 1955, Monseigneur Courtois envisage un pèlerinage, un peu sur le modèle de celui de Poponguine au Sénégal voisin. La statue passe alors de la cour au-dessus de l'autel dans l'Église de Kita et, pendant une dizaine d'années, s'organise un pèlerinage paroissial qui connaît un grand succès.
Au retour du Concile Vatican II, les évêques maliens décident de faire de Kita le lieu d'un pèlerinage national et la statue, vénérée en ce lieu, prend le nom de « Notre Dame du Mali ». Le premier pèlerinage est organisé en 1966. Une date est alors choisie, pour la commodité : le deuxième dimanche après Pâques. Depuis les fêtes du centenaire, en souvenir de la fondation de l'Eglise du Mali, la date du pèlerinage a été désormais fixée au week-end le plus proche du 20 novembre.
• Un sanctuaire national
Devant l'afflux de plus en plus important de pèlerins à Kita, les installations de départ ne suffisent plus. Un nouveau sanctuaire plus vaste et plus fonctionnel est envisagé dans les années 1990. Plusieurs projets sont proposés mais on devra attendre 1992 pour la mise en route du chantier. Le nouvel édifice peut accueillir 3000 personnes. II est béni le 20 novembre 1994 par le Cardinal Bernardin Gentin spécialement venu participer au pèlerinage national cette année-là. La célèbre statue a une nouvelle fois été déplacée et se trouve actuellement à l'intérieur même du nouveau sanctuaire. Très fragile parce que confectionnée en terre cuite, elle a été restaurée à cette occasion.
• Humble démarrage pour les vocations
On peut s'étonner qu'après plus de cent ans d'existence, le diocèse soit si pauvre en vocations sacerdotales et religieuses. À ce jour, il n'a que quelques prêtres diocésains. Cette pénurie de personnel oblige Monseigneur Dao à faire appel aux Instituts missionnaires et aux prêtres Fidei Donum. Ces derniers viennent du Mali ou des Églises limitrophes (Burkina Faso et Sénégal). Le vieillissement du personnel missionnaire est un autre sujet d'inquiétude pour le pasteur du diocèse. Comme président de la commission nationale des laïcs, Monseigneur Dao compte bien adapter sa pastorale à cette situation particulière. Il entend donner plus de place aux jeunes dans la communauté et accélérer la formation des responsables à tous les niveaux, surtout avec la mise en place des CCB qui est devenue une priorité pastorale dans le diocèse. Sans cela, les communautés finissent par perdre conscience qu'elles doivent prendre en charge l'avenir de leur Église locale depuis leurs chefs de prière jusqu'à leurs pasteurs.
DIOCÈSE DE MOPTI
• Monseigneur Georges Fonghoro
Monseigneur Georges Fonghoro est originaire de Yele dans la paroisse de Ségué où il est né en 1958. Après des études au petit séminaire de Togo, à Sikasso, puis à Bamako et Koumi (grand séminaire au Burkina Faso), il est ordonné prêtre le 30 décembre 1987 à Ségué en même temps que Monsieur l'Abbé Noël Somboro. Après une expérience paroissiale (deux ans à la cathédrale de Mopti) puis deux ans comme professeur au Moyen-Séminaire Pie XII à Bamako, il poursuit des études en liturgie à Rome. Le 3 novembre 1998, il est nommé administrateur du diocèse de Mopti. Le 29 septembre 1999, il est nommé troisième évêque de Mopti. Il est ordonné évêque le 8 janvier 2000 à Sévaré.
• Le dernier né des diocèses du Mali
Aussi paradoxal que cela puisse paraître, le diocèse de Mopti, dont le territoire a été très tôt attaché à la préfecture apostolique du Sahara et du Soudan en 1868, sera le dernier érigé des six diocèses du pays en 1964. Monseigneur Georges Biard sera intronisé le 14 mars 1965.
D'une superficie de 893 109 km, le diocèse compte plus de 3 millions habitants dont environ 18 000 sont baptisés. Avant d'être un diocèse à part entière, il sera successivement placé sous la juridiction de cinq préfectures ou vicariats apostoliques. D'abord la préfecture apostolique du Sahara et du Soudan de 1868 à 1891; le vicariat apostolique du Sahara de 1891 à 1901; la préfecture apostolique du Soudan de 1901 à 1921; le vicariat apostolique de Bamako de 1921 à 1942 et pour finir, la préfecture apostolique de Gao de 1942 à 1964. Le 14 mars 1965, le territoire est érigé en diocèse et Monseigneur Georges Biard en est le premier évêque.
• Terre fécondée part le sang des martyrs
C'est à Tombouctou que s'établissent les premiers missionnaires en 1895. Cette fondation, on le sait, plonge ses racines dans la foi de ces pionniers de l'évangélisation. Par deux fois, en 1876 et 1891, les Missionnaires d'Afrique tentent de rejoindre Tombouctou à partir d'Alger, en traversant le désert du Sahara. Les six missionnaires qui entreprennent pareille aventure sont massacrés par leurs guides nomades. Les Pères de la première caravane s'appelaient : Ménoret, Paulmier et Bouchaud. Ceux de la seconde caravane avaient pour noms : Richard, Morat et Pouplard. C'est à partir de Kita, où les Pères du Saint Esprit avaient fondé la première paroisse le 20 novembre 1888, que les trois premiers évangélisateurs du diocèse : les Pères Augustin Hacquart, Auguste Dupuis et un laïc du nom d'Eugène Konde, remontent le fleuve Niger à partir de Bamako pour atteindre Ségou le 1ier avril 1895, puis Tombouctou où ils entrent le 21 mai de la même année.
• Un des plus grands diocèses du monde
Par sa superficie (893 109 km2), c'est indéniable, Mopti est un des plus grands diocèses du monde, mais la plus grande partie est composée du désert du Sahara où l'on compte 1/2 habitant au km. Administrativement, le diocèse de Mopti comprend les régions de Gao, Tombouctou et Mopti (moins le Cercle de Djenné attaché au diocèse de San). On se plaît souvent à désigner le diocèse comme celui des sables et de la falaise. Dès ses origines, en effet, le diocèse est tiraillé entre le nord islamisé (les sables) et le sud, plutôt animiste (la falaise) ... entre les sables sahariens et les régions de la falaise du pays dogon.
• Les paroisses du diocèse
La paroisse de Tombouctou, fondée en 1895, est fermée en 1906. Les Pères reviennent alors à Ségou. Il faut attendre le 19 novembre 1945 pour que la paroisse de Gao soit fondée. Segué suit quelques années plus tard, le 1er novembre 1949. Le 1er juin 1952 est fondée la paroisse de Pel et un an plus tard, le 10 janvier 1953, est fondée la paroisse de Mopti. La paroisse de Bandiagara voit le jour le 1er novembre 1954. En 1957, deux paroisses voient le jour : Barapireli (le 1er octobre) et Diré. Cette dernière sera fermée en 1973.
• Une pastorale originale
La physionomie du diocèse a obligé les agents pastoraux à être inventifs. Plus haut, on parlait du tiraillement entre le Nord et le Sud. Il faudrait ajouter à cela la mosaïque de cultures et de langues. Sans compter que dans une même culture (Dogon) il y a des langues assez différentes obligeant les évangélisateurs à des efforts de traduction très laborieux. Ainsi chaque paroisse a-t-elle dû s'organiser et adapter sa pastorale. Si chacune a su faire preuve d'initiative, il faut cependant souligner la difficulté à mettre en place, pour l'ensemble du diocèse, une pastorale commune. C'est ainsi que certaines institutions, comme une école de catéchistes, ont du mal à voir le jour. Cependant, sur un terrain acquis à Sévaré en 1970, un centre de formation a pu démarrer. Il est destiné à préparer les animateurs des communautés chrétiennes. Le centre est confié au patronage de Saint Jean Bosco.
• Un homme providentiel : Pierre Kombe Somboro
Dans l'histoire de l'Église, on rencontre parfois ce genre de laïcs qui souvent n'imaginent pas la portée de leur geste: C'est le cas d'un certain André Kim en Corée, c'est aussi le cas de Kombe Somboro dans le diocèse de Mopti. Un jour de 1945, se rendant en pays Maika pour acheter un cheval, le jeune Kombe, âgé d'une trentaine d'années, rencontre des catéchumènes qui participent à une catéchèse. Kombe est frappé par le message. Il se rend sans tarder auprès de Monseigneur Lesourd à Nouna. Le dialogue est d'une étonnante simplicité :
- Nous voulons étudier la religion des Pères. Inscris mon nom et envoie-nous des Pères à Ségué.
- Est-ce toi seul qui veux prier ou d'autres le veulent-ils aussi ? - Si les Pères viennent, les Dogons suivront mon exemple ! "
Kombe rentre à Ségué muni de livres de prière et d'un catéchisme en Marka. Quelques mois plus tard, vingt cavaliers représentant plusieurs villages de la falaise viennent supplier l'évêque de leur donner des Pères. En 1948, Monseigneur Lesourd envoie les premiers missionnaires. La paroisse est fondée un an plus tard en 1949. Pierre Kombe, décédé quelques jours avant les fêtes du cinquantenaire de la paroisse, en décembre 1999, repose désormais devant l'église de Ségué.
• L'expérience de Tenenkou
De 1970 à 1979, une communauté de missionnaires réside à Tenenkou. Ce sont des volontaires qui répondent à l'appel lancé par Monseigneur Pierre Leclerc pour une présence en milieu Fulbe. Le décès, le 21 mai 1978, du Père Georges Janssens compromet la continuité de cette présence d'Église.
• De Monseigneur Biard à Monseigneur Fonghoro
Après la succession de préfets et de vicaires apostoliques, le diocèse est successivement placé sous les houlettes de Monseigneur Georges Biard (1964 -1988), de Monseigneur Martin Happe (administrateur de 1988 à 1995) et de Monseigneur Jean Zerbo (1995-1998). Troisième évêque de Mopti, Monseigneur Georges Fonghoro est aussi le premier Dogon à accéder à cette charge... 54 ans après la démarche de Pierre Kombe Somboro auprès de l'évêque de Nouna !
DIOCÈSE DE SAN
• Monseigneur Jean-Gabriel Diarra
Monseigneur Jean Gabriel Diarra, évêque de San, est né à O'a, dans la paroisse de Tominian, le 22 juillet 1945. Il est successivement prêtre à Sokura, directeur du Moyen Séminaire Pie XII à Bamako, puis recteur du Grand Séminaire Saint Augustin à Bamako. Il est nommé par le Pape Jean-Paul II évêque du diocèse de San le 24 juin 1988. Ordonné lors des cérémonies du centenaire de l'Église du Mali, à Bamako, le 20 novembre 1988, par le Cardinal Tomko, il est intronisé dans sa cathédrale à San, le 8 janvier 1989.
• San, un centre commercial
Depuis le Moyen Âge, le fleuve a été une voie couramment empruntée par les pirogues pour amener les plaques de sel gemme de Tombouctou à Djenné, puis jusqu'à San, devenu centre commercial et départ des caravanes qui remontent vers le Nord, du mil, de la kola et ce qu'apportent les caravanes du Sud. Au début du XXe siècle, la ville de San était devenue une sorte de gros bourg.
• Arrivée des premiers missionnaires
Mgr Toulotte fonde Ségou en 1895 et son successeur, Mgr Lemaître, ouvre Toma en 1913 puis Minankofa, au bord du Bani en mai 1920. En 1921, Mgr Sauvant devient vicaire apostolique de Bamako. Il décide un an plus tard de faire de nouvelles fondations. Les missions de Kakoulou et Minankofa deviennent succursales respectivement de Kayes et de Ségou. Le 15 septembre 1922, il ouvre la mission de Sikasso, dans le Kénédougou, et envoie trois missionnaires à Mandiakuy. Leur but : fonder une mission étape entre Ségou à l'ouest et Toma, au pays Samo, à l'est. Les noms des trois pionniers : Pères Félix Théaudière, Ernest Duvernois et Eugène Ratisseau. Ils quittent Ségou vers Douna, sur le Bani, avec le petit chemin de fer Decauville, à voie étroite, qui a fonctionné jusqu'en 1962. Ils font étape à Minankofa où la tradition s'est conservée, puis ils prennent les pirogues jusqu'à Belenityeni. Ils arrivent à San avec des charrettes et leurs trois bicyclettes. Ils y sont accueillis par Monsieur Garbou, le commandant de Cercle, qui leur conseille de s'établir dans des villages si possible éloignés de l'administration : Somo, Bénéna, Mandiakuy ou Sanékuy. Ils choisissent Mandiakuy qu'ils atteignent le 9 octobre 1922 aux environs de 9 heures da matin. Ils parlent bambara et ne connaissent pas un mot de boxé. À Mandiakuy, ils sont accueillis par le chef de village Sonu Dakouo et son neveu et secrétaire Nisimarza. Ils logent provisoirement dans le quartier Nord, à Balu, puis se font construire six paillotes en bordure du village où ils passent leur première année de séjour. La première mission, en banco, sera construite là où actuellement s'élève l'église, en 1924.
• Une suite de juridictions
Avant de devenir diocèse de San, le territoire a connu toutes sortes de juridictions; certaines de courtes durées, d'autres plus longues. En 1922, à la fondation, la paroisse de Mandiakuy dépend de Ségou. Puis, jusqu'en 1942, elle dépend de la préfecture apostolique de Bobo-Dioulasso qui avait été érigée en 1927. Elle est ensuite dépendante de la préfecture apostolique de Nouna qui devient diocèse le 14 septembre 1955 avec Monseigneur Jean Lesourd comme évêque. Après l'indépendance du Mali, le 22 septembre 1960, la partie malienne du diocèse de Nouna est érigée en "mission sui juris " (c'est-à-dire autonome). Le Père Joseph Perrot est nommé préfet apostolique le 29 juin 1962. Deux ans plus tard, le 29 septembre 1964, le diocèse de San est érigé. Monseigneur Joseph Perrot est ordonné le 9 janvier 1965, à Mandiakuy.
• Une mosaïque de cultures et de langues
La population des Cercles de Tominian, San, Djenné, Yorosso, Bla et Ké-Macina, qui forment le diocèse, est très variée. S'y côtoient les Bwa, les Bambara, les Marka, les Dafing, les Peulh, les Minianka et les Bozo. On trouve une petite communauté Bella à San, ainsi que quelques Dogon et Songhaï. Ces populations sont catholiques, protestantes, musulmanes ou de religion traditionnelle. Cet extraordinaire mélange de cultures, de langues et de pratiques religieuses, est d'une étonnante richesse pour le diocèse, même si ça ne va pas sans poser quelques difficultés. Au niveau de l'Église Catholique, le boré et le bamanan ont été adoptés comme langues liturgiques. Pour le boré, parlé par la plus grande majorité des chrétiens du diocèse, c'est le dialecte de Mandiakuy, le dahanmu, qui a été retenu. La majeure partie des habitants du diocèse est composée d'agriculteurs et d'éleveurs.
• La chrétienté du diocèse de San
C'est à partir de la première paroisse, fondée à Mandiakuy en 1922, que va se développer la chrétienté du diocèse, principalement au sein de l'ethnie Bo. Le 4 avril 1931, sont célébrés les 31 premiers baptêmes d'adultes du diocèse. La seconde paroisse, Sokura, est fondée en 1951. San, en milieu musulman et bambara est fondée en novembre 1957. Dix ans plus tard, c'est au tour de Tominian de voir le jour et, pour finir, Touba le 5 mai 1968. La population catholique du diocèse, qui s'étend sur 20 550 km, est évaluée à 30 000 baptisés et un peu plus de 2 500 catéchumènes. Les protestants, au nombre de 14 964, sont surtout nombreux à Sanékuy. On trouve aussi une communauté protestante vivante à San. On recense aussi, sur toute l'étendue du diocèse, environ 728 000 musulmans et adeptes de la religion traditionnelle. La population totale est de 770 144 habitants, selon un récent sondage.
• La physionomie du diocèse aujourd'hui
De vocation rurale, le diocèse a su adapter ses structures pour répondre aux besoins de l'évangélisation. Il peut, dès 1965, ouvrir un petit séminaire à Togo, dans la paroisse de Sokura (40 prêtres et deux évêques y ont commencé leurs études). Deux centres de formation d'animateurs ruraux voient le jour, en 68 pour Zura et en 71 pour le Koni. Ils évolueront différemment et rendront de précieux services aux agriculteurs. En 1974, le diocèse ouvre l'école des catéchistes de Dobwo (CFC). Elle a formé à ce jour plus de 180 foyers catéchistes. Les Frères du Sacré Coeur ouvrent à leur tour un Juvénat en septembre 1980. Le diocèse compte à ce jour cinq Frères maliens, et le centre vocationnel des filles ouvre ses portes en septembre 1984.
Le diocèse compte à ce jour une quarantaine de Soeurs maliennes. La première école ouvre ses portes à Mandiakuy en 1931 ; depuis, elles se sont multipliées, ainsi que des dispensaires, des maternités et des centres de santé. A l'occasion des fêtes du centenaire de l'évangélisation du Mali, en 1988, une troupe chorégraphique, Sewese, est fondée. Elle anime les grands rassemblements liturgiques.
En janvier 1997, après le décès de Monseigneur Jean-Marie Cissé, Monseigneur Jean-Gabriel Diarra est élu pour lui succéder à la tête de la conférence épiscopale du Mali. Au sein de la conférence épiscopale, aujourd'hui, il est plus spécialement chargé des vocations et séminaires, de l'enseignement catholique et du secrétariat pour la théologie.
DIOCÈSE DE SÉGOU
• Monseigneur Augustin Traoré
Le 14 mars 2004, Monseigneur Augustin Traoré, originaire du célèbre village de Banankuru (où Alfred Diban avait reçu le baptême), était ordonné évêque en présence d’une vingtaine d’évêques, dont le Nonce Apostolique, d’une cinquantaine de prêtres et d’une foule très nombreuse. Les évêques consécrateurs étaient Monseigneur Joseph Dao, le doyen des évêques du Mali, Monseigneur Jean-Gabriel Diarra, président de la Conférence épiscopale du Mali et évêque de San, et Monseigneur Michel Gagnon, évêque de Laghouat en Algérie; la présence de ce dernier, manifeste que l’Église de Ségou à bonne mémoire évangélique ! C’est d’Algérie, en effet, que les premiers Pères sont venus apporter la Bonne Nouvelle en terre malienne et précisément à Ségou.
À l’issue de la cérémonie, le rite de l’intronisation sera fait sur place par le Nonce Apostolique. Il sera suivi de celui de l’obédience dans une joyeuse ambiance où le protocole n’était pas de mise.
Avant la bénédiction finale, plusieurs personnalités interviendront, dont le représentant de Monsieur le ministre de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales, celui de l’AGEMPEM (le groupement des Églises protestantes du Mali) ainsi que plusieurs évêques dont le Président de la CEM, Monseigneur Jean-Gabriel Diarra. Enfin, Monseigneur Augustin Traoré prendra la parole, se confiant à la prière de tous et invitant à ne pas avoir peur de lui. D’ailleurs sa devise, reprise presque à la lettre de celle de son prédécesseur, dit bien son souhait de vivre profondément la communion avec son peuple : “An Jigi ye nyogon ye ... Grandissons ensemble dans l’espérance !” Tous les confrères de la province du Mali lui expriment ici leurs plus sincères félicitations et prieront à toutes ses intentions pour que son nouveau ministère porte tous les fruits que le Seigneur en attend pour la venue de son Règne au Mali.
• Ségou, la mission mère
Quand le cardinal Lavigerie, préfet apostolique du Sahara et du Soudan, entreprend l'évangélisation de son vaste territoire, il est persuadé que Tombouctou en sera le poste avancé. Les deux caravanes de missionnaires qu'il envoie en 1876 et 1881 n'arriveront jamais à destination. Elles seront massacrées dans le désert. Ce martyre l'afflige énormément. C'est son successeur, comme vicaire apostolique du Soudan, qui décide d'envoyer une troisième caravane, cette fois-ci par un tout autre chemin, en remontant à partir du Sénégal. Quatre Pères s'embarquent à Marseille le jour de Noël 1894. Ils atteignent Ségou le 1ier avril 1895. Ce sont les Pères Hacquard, Ficheux, Eveillard et Dupuis. L'évangélisation du Mali peut commencer.
• Un vicaire apostolique entreprenant
Alors que le cardinal Lavigerie n'a jamais été plus au Sud que le 3e parallèle où se trouve la ville de Biskra (Algérie), son successeur, Anatole Toulotte, entreprend en 1896 un long voyage afin de visiter le territoire dont il a la charge comme vicaire apostolique. Né le 7 janvier 1852 à Arras (France), il entre chez les Missionnaires d'Afrique où il est ordonné en octobre 1874. Dès lors, les responsabilités vont s'accumuler sur ses épaules. Pour des missions diverses, il parcourt une grande partie du Maghreb. Archéologue, arabisant et hébraïsant, il fait aussi un séjour à Jérusalem. À 39 ans, il devient le premier vicaire apostolique du Sahara et du Soudan. S'il n'accompagne pas la caravane des fondateurs de Ségou, partie en décembre 1894, il décide, pour l'année 1896, d'entreprendre son grand voyage qui s'achève à Conakry le 17 avril 1897. En chemin de fer, bateau, pirogue, cheval et ... marche à pied, il parcourt plus de 6 000 km. Sa visite est d'une importance capitale pour la fondation de plusieurs Églises de l'Afrique de l'Ouest. Retiré à Rome, le pape nomme, pour le remplacer, le Père Augustin Hacquart.
• Le second diocèse du Mali
Le territoire de Ségou sera longtemps attaché à celui de Bamako. Il faut attendre le 26 mai 1962, quand Monseigneur Luc Auguste Sangaré est ordonné évêque de Bamako, pour que le diocèse soit créé. Il est érigé comme tel le 4 avril 1962. Monseigneur Pierre-Louis Leclerc en devient le premier évêque. Décédé le 23 novembre 1983 en France, son corps a été inhumé, en 1988, dans la cathédrale de Bamako. Monseigneur Mori-Julien Sidibé lui succède le 1er juillet 1974. Il est ordonné évêque le 7 décembre de la même année.
• Un diocèse traversé par le fleuve Niger
D'une superficie de 55 376 km2, le diocèse compte environ 1 400 000 habitants. La plus grande majorité est musulmane. Les catholiques sont 15 022 (statistiques de 2000) et ne représentent que 0,7 % de la population. À part Markala, les paroisses se trouvent à plus de 100 km du centre. La paroisse de Beleko est même située à 200 km de Ségou. A Ségou et dans les paroisses du diocèse, les écoles ouvertes par la mission ont déjà une longue histoire. Celle de Ségou est la plus ancienne sur le Niger. Au début de 1900, elle compte une cinquantaine d'élèves.
• 5 paroisses et une cinquantaine de chapelles
La paroisse de Ségou est l'une des premières du Mali, fondée en 1895. Quelques années plus tard, c'est la fondation de Banankuru, qui sera fermée en 1920. La paroisse de Béléko verra le jour en 1939, celle de Kolongotomo en 1946 et celle de Niono en 1955. C'est en 1968 que Markala devient paroisse résidentielle La mission de Banankuru sera un temps transférée à Minankofa. Peu après, elle sera de nouveau transférée à Mandiakuy, date de fondation du diocèse de San, en 1922.
• Pépinière de pasteurs pour tout le Mali
Pas moins de quatre évêques sont originaires de ce diocèse. Le premier d'entre eux, Monseigneur Luc Auguste Sangaré (+.1998) est ordonné à Bamako le 26 mai 1962. En 1977, c'est au tour de Monseigneur Jean-Marie Cissé (+ 1996) d'être ordonné évêque de Sikasso. Un peu plus tard, en 1979, Monseigneur Joseph Dao est ordonné évêque de Kayes. Enfin, à l'occasion du centenaire de l'Église du Mali, Monseigneur Jean Zerbo est ordonné évêque auxiliaire de Bamako, le 20 novembre 1988. En décembre 1998, il est nommé par le pape Jean-Paul II au siège archiépiscopal de Bamako et intronisé dans sa cathédrale. Par contre les vocations sacerdotales et religieuses sont encore peu nombreuses pour le diocèse de Ségou.
• De grandes figures diocésaines
Plusieurs prêtres marqueront le diocèse. Monseigneur Hacquard (+ 1901) ; le premier prêtre malien Missionnaire d'Afrique : Père Prosper Kamara (1902-1961), un collège porte son nom à Bamako ; Gabriel Cissé, le premier grand séminariste malien qui donnera son nom au centre de formation de Ségou : "Centre Gabriel Cissé".
• Promotion de l’homme et sens du partage
Suivant la tradition de ses prédécesseurs, Monseigneur Mori-Julien Sidibé (deuxième évêque de Ségou) va poursuivre le souci des ouvriers de la première heure. On se souvient qu'en 1895, la priorité était l'accueil des orphelins et des esclaves libérés. En 1974, au plus fort de la sécheresse, le diocèse joue un rôle important dans la distribution de la nourriture et l'accueil des populations du Nord. Le diocèse lance dans la foulée une banque de semences et l'opération "puits" qui permet à 297 villages d'être bien pourvus en eau potable. Il participe aussi à la lutte contre la sécheresse en diffusant largement les "foyers améliorés" et les séchoirs solaires.
• Perspectives d’avenir
La thèse de Monseigneur Mori-Julien Sidibé sur l'homme bamanan ouvre les chemins d'une recherche en matière d'inculturation. Pour l'auteur, seule une véritable inculturation du message évangélique pourra aider tous les Maliens à retrouver leur identité de croyants, pleinement Africains et pleinement Maliens. Président de la commission de catéchèse, Monseigneur Mori Julien Sidibé travaille à l'élaboration d'un catéchisme en langue bamanan " Christ, notre espérance, est vivant, nous vivrons ! " En 1999, il a célébré à Ségou son jubilé de 25 ans d'épiscopat.
DIOCÈSE DE SIKASSO
• Monseigneur Jean-Baptiste Tiama
Né en 1955 à Nassare en pays Pana, dans la paroisse de Pel, Monseigneur Jean-Baptiste Tiama est ordonné prêtre le 7 janvier 1984 à Minta dans le diocèse de Mopti. Il exerce son ministère à Mopti avant d'entreprendre des études universitaires à Abidjan puis à Rome. A son retour, il enseigne au Moyen Séminaire Pie XII, puis au Grand séminaire Saint Augustin. Le 21 novembre 1998, il est nommé par le pape Jean-Paul II troisième évêque de Sikasso, en remplacement de Monseigneur Jean-Marie Cissé, décédé le 3 novembre 1996. Entre 1996 et 1999, le Père Fridolin Bogenrieder administre le diocèse. Monseigneur Jean-Baptiste Tiama est ordonné évêque le 13 février 1999 à Sikasso par Monseigneur Jean Zerbo, assisté de Monseigneur Jean-Gabriel Diarra et Monseigneur Martin Happe, évêque de Nouakchott en Mauritanie.
• Debout sur les remparts !
Cette phrase de notre hymne national fait allusion au fameux Tata de Ba Bemba Traoré de Sikasso. Cette forteresse des princes du Kénédougou sera assiégée par l'armée coloniale le 1er mai 1898, après plusieurs jours de résistance héroïque. Étrange coïncidence, parmi les dix jeunes filles données comme tribut aux vainqueurs, se trouvera la grand-mère de Monseigneur Jean-Marie Cissé. Comme ses neuf autres compagnes, la jeune fille sera formée chez les Soeurs Blanches à Ségou où elle sera baptisée. Elle fait partie des premières baptisées du diocèse de Sikasso.
• Première visite des missionnaires en 1922
Alors que de Ségou des Pères se rendent dans la région de Mandiakuy pour y fonder la première paroisse en pays Bo, dans le même temps, d'autres Pères venus de Bamako partent visiter le pays Senoufo avec l'intention de s'y établir. Leurs notes font allusion aux nombreux fétiches qu'ils découvrent dans le secteur de Karangasso. Ils ne font que traverser la région mais fondent Sikasso qu'ils fermeront quelques années plus tard en 1929.
En 1936, le préfet apostolique de Bobo-Dioulasso, Monseigneur Paternot, choisit Karangasso pour y fonder une mission, contre l'avis de l'administrateur de Koutiala, un protestant qui voit d'un mauvais oeil l'arrivée de catholiques dans son secteur. Le jeudi 5 novembre 1936, arrivent les Pères Lorentz, Libouban et le Frère Jude. Les premiers baptêmes sont célébrés en la fête de Noël 1944. Il faut attendre l'année 1947 (décret de Rome du 12 juin) pour que soit créée la préfecture apostolique de Sikasso, détachée de Bobo-Dioulasso. À la tête de cette nouvelle préfecture, Monseigneur Didier Perouse de Montclos. Il s'installe à Karangasso d'où il prépare la réouverture de la mission de Sikasso. Le diocèse est créé le 6 juillet 1963 et Monseigneur de Montclos en devient le premier évêque. Il est ordonné à Rome par le Pape Paul VI. Il est à la tête de ce diocèse jusqu'en 1976 où il laisse la place à Monseigneur Jean-Marie Cisse (+1996). Monseigneur Jean-Baptiste Tiama est le troisième évêque de ce diocèse.
• Superficie et population
D'une superficie de 47 950 km2, le diocèse compte un peu plus d'un million d'habitants. Il comprend les Cercles de Sikasso, Bla, Kadiolo, Koutiala, Yorosso et une partie du Cercle de San.
• Les huit paroisses du diocèse
Sikasso, fondée en 1922, sera fermée à partir de 1929 pour être rouverte en 1949. Karangasso, est fondée en 1936, Koutiala en 1960, Bura en 1964 et Fanterela en 1994.
• "Au milieu de vous comme celui qui sert ! "
Figure marquante du diocèse, Monseigneur Jean-Marie Cissé est né le 18 août 1932 à Siguiri en Guinée. Ordonné prêtre le 4 avril 1959, il exerce son ministère dans diverses paroisses et institutions du Mali. Nommé par le Pape Paul VI deuxième évêque de Sikasso, le 8 juillet 1976, il est ordonné évêque à Sikasso le 8 janvier 1977. I1 s'éteint le 3 novembre 1996 à la suite d'une longue maladie. Ses dernières paroles : "Lors de ma mort, célébrez la vie, fêtez la résurrection! ". Le 5 novembre 1996, une foule très nombreuse participe à la célébration de ses obsèques. Il est enterré près de Monseigneur Didier de Montclos, au pied de sa cathédrale.
• Senoufo, Minianka et Bambara
Si l'évangélisation du diocèse a commencé en pays Minianka, elle s'est poursuivie dans les autres zones, notamment en pays Senoufo, Bambara et même Dafing, Marka, Bobo-fing et Bo. Les populations Bwa, proches du diocèse de San, ont été confiées à ce dernier, à partir de la paroisse de Touba. Afin de faciliter les grands rassemblements liturgiques, c'est la langue bamanan qui est employée. Cependant, dans les paroisses de langues minianka ou senoufo, ce sont ces dernières que l'on utilise pour la liturgie.
• Treize prêtres pour ouvrir le troisième millénaire !
En 80 ans de présence, l'Église s'est montrée encore bien timide sur le plan des vocations. Monseigneur Jean-Baptiste Tiama, au lendemain de son ordination épiscopale, a ordonné le treizième prêtre malien de son diocèse : Abbé Raphaël Dakouo. Actuellement une dizaine de missionnaires travaillent aux côtés du clergé malien. Plus de cent cinquante catéchistes (permanents et bénévoles) assurent prière et catéchèse dans les paroisses du diocèse. À Karangasso, les premiers Pères avaient formé, sur le tas, quelques catéchistes. Une école voit le jour en 1989. En 1995, elle est transférée à Kimparana et en 2000, cette école devient École de Formation Biblique.
• Promotion humaine et formation des jeunes
Tous les pasteurs qui se sont succédé à la tête du diocèse ont cherché à s'engager dans cette direction. Fondée en 1936, la plus ancienne paroisse du diocèse, Karangasso ouvre une école dès 1938. À leur arrivée, les Pères avaient ouvert un dispensaire. Ils en ouvriront dans toutes les fondations successives : Dyou, Sanzana et Kimparana. Les Soeurs Dominicaines Missionnaires des Campagnes joueront aussi, dès 1960, un rôle non négligeable dans la promotion féminine, à Karangasso et Koutiala principalement. Un rôle similaire sera joué à Sikasso par les Soeurs Missionnaires de Notre Dame d'Afrique.
En 1987, l'arrivée des Salésiens de Don Bosco à Sikasso marque le souci du diocèse de donner la priorité à la formation de la jeunesse. Le centre professionnel (Saint Jean Bosco) édifié à Wayerema, à la sortie de Sikasso, offre non seulement aux jeunes une formation sérieuse, mais aussi des installations sportives et une bibliothèque.
Vice président de la Conférence épiscopale du Mali et Président de la commission nationale de pastorale sociale, Monseigneur Jean-Baptiste Tiama compte bien poursuivre le travail de promotion initié par ses prédécesseurs. Au sein de la CEM, il est aussi chargé des OPM, de la formation et de l'histoire de l'Église. Au niveau du pays, il est ensuite membre de la commission nationale de lutte contre la prolifération des armes légères.

